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Sildénafil, tadalafil ou vardénafil : quelles différences ?

Comparez le sildénafil, le tadalafil et le vardénafil, puis faites évaluer par un médecin, sur questionnaire écrit, le traitement qui vous conviendrait. Aucun des trois n'est meilleur en soi : ils diffèrent surtout par le moment de la prise et la durée d'action, et le choix dépend de votre rythme, de vos médicaments et de votre cœur.

Une même famille, un même mécanisme

Ces trois substances sont des inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5, abrégée PDE-5. Lors d'une excitation sexuelle, les nerfs du pénis libèrent du monoxyde d'azote, qui laisse le sang affluer dans les corps caverneux. La PDE-5 éteint ce signal ; en la freinant, le médicament renforce une réponse qui reste naturelle.

Deux conséquences valent pour les trois. Sans stimulation sexuelle, il ne se passe rien, et le désir n'augmente pas. Et comme la PDE-5 existe aussi dans d'autres vaisseaux, ces médicaments font légèrement baisser la tension, ce qui explique une partie de leurs effets indésirables et rend dangereuse leur association avec les dérivés nitrés.

Ils sont autorisés chez l'homme adulte. Leurs notices demandent d'abord d'en chercher la cause, parfois vasculaire ou liée à un diabète : l'occasion d'un contrôle de la tension et de la glycémie chez votre généraliste.

Quand les prendre et combien de temps ils agissent

Le sildénafil se prend environ une heure avant le rapport. Un repas, surtout copieux, ralentit son absorption et peut retarder l'effet. Selon une étude décrite dans sa notice, une érection restait possible quatre à cinq heures après la prise.

Le vardénafil a un profil voisin : la prise se fait 25 à 60 minutes avant le rapport, avec ou sans nourriture, mais un repas riche en graisses peut retarder son action. Le pamplemousse et son jus sont à éviter, car ils augmentent sa concentration dans le sang.

Le tadalafil se distingue nettement. Il se prend au moins 30 minutes avant, la nourriture ne modifie pas son absorption, et les études ont montré un effet jusqu'à 36 heures après la prise. Pour des rapports au moins deux fois par semaine, sa notice prévoit aussi une prise quotidienne à faible dose, à réévaluer régulièrement.

Pour les trois, une prise par jour au maximum, et jamais deux de ces médicaments ensemble.

Les effets indésirables : un tronc commun, quelques nuances

Le mal de tête est l'effet le plus souvent rapporté avec les trois. Viennent ensuite les rougeurs du visage, le nez bouché, les lourdeurs d'estomac et les vertiges, en général passagers et plus fréquents quand la dose augmente.

Chaque molécule a ses nuances. Le sildénafil peut donner, pendant quelques heures, une vision légèrement teintée ou floue. Le tadalafil provoque plus volontiers des douleurs dans le dos et des courbatures. Le vardénafil allonge légèrement l'intervalle QT de l'électrocardiogramme : il vaut mieux l'éviter en cas d'allongement congénital du QT ou avec certains antiarythmiques.

Quelle que soit la molécule, une baisse brutale de la vue d'un œil ou une perte soudaine de l'audition impose d'arrêter et de consulter sans attendre. Une érection qui dure plus de quatre heures est une urgence : appelez le 112 ou rendez-vous aux urgences, car le tissu du pénis peut être lésé durablement.

Comment le médecin choisit entre les trois

Le choix repose sur votre situation, pas sur une réputation. Des rapports peu fréquents et prévus s'accommodent d'une molécule de courte durée ; une vie sexuelle plus spontanée ou plus régulière peut orienter vers le tadalafil, à la demande ou en prise quotidienne.

Votre expérience compte ensuite. Une molécule déjà prise et bien supportée est une information précieuse ; un mal de dos gênant peut faire préférer une autre option. Un échec isolé, après un repas lourd ou sans stimulation, ne dit pas grand-chose.

Viennent enfin vos autres médicaments, votre foie, vos reins et votre cœur. Certains antifongiques, antibiotiques macrolides et traitements du VIH augmentent la concentration de ces substances, et un alphabloquant, comme la tamsulosine ou la doxazosine, ajoute son effet sur la tension. Le médecin peut alors prévoir une dose de départ plus basse, espacer les prises ou renoncer.

Le questionnaire reprend ces points : dérivé nitré ou riociguat, infarctus ou AVC récent, tension très basse ou élevée sans traitement, alphabloquant, perte brutale de la vue d'un œil, expérience antérieure d'un tel médicament. Le médecin peut demander une mesure récente de votre tension ou d'autres précisions, et il peut refuser.

Ce qui exclut les trois molécules à la fois

Certaines situations excluent toute la famille, parce que les notices les classent parmi les contre-indications. C'est le cas d'un dérivé nitré sous quelque forme que ce soit, poppers compris, et du riociguat : l'association peut faire chuter la tension de manière dangereuse.

Sont aussi des contre-indications un infarctus ou un accident vasculaire cérébral au cours des six derniers mois, une insuffisance hépatique sévère, une tension inférieure à 90/50 mmHg, une rétinopathie pigmentaire ou une autre maladie héréditaire de la rétine, et une perte de vue d'un œil due à une neuropathie optique ischémique (NAION), même ancienne. Le médecin n'établit alors pas d'ordonnance.

Une angine de poitrine instable ou une insuffisance cardiaque sévère ne se jugent pas sur dossier : un rapport sexuel est un effort, et un médecin qui peut vous examiner doit dire s'il est raisonnable. Une tension élevée non traitée se prend en charge d'abord.

Après l'évaluation : le document et la pharmacie

Si le médecin juge le traitement justifié, vous recevez par e-mail une ordonnance transfrontalière au format PDF, établie selon l'annexe de la directive d'exécution 2012/52/UE. Vous l'imprimez et la présentez au pharmacien avec votre pièce d'identité. Elle n'entre pas dans Recip-e : il n'y a ni code ni numéro à donner au comptoir.

Sa reconnaissance repose sur l'article 11 de la directive 2011/24/UE, mais la délivrance reste la décision du pharmacien, qui peut refuser, par exemple s'il doute de l'authenticité du document. Il propose la spécialité dont il dispose, et le médicament se paie à la pharmacie, séparément.

L'évaluation est faite par un médecin titulaire d'une autorisation d'exercer polonaise, n° 3211301, non inscrit à l'Ordre des médecins et sans numéro INAMI, qui lit vos réponses écrites : ni consultation vidéo, ni appel, ni chat. Informez aussi votre médecin traitant.

Le tadalafil est-il plus efficace parce qu'il agit plus longtemps ?

Non. Sa durée d'action change la façon de l'utiliser, pas la qualité de l'érection. Les trois agissent sur le même mécanisme et la réponse varie d'un homme à l'autre.

Peut-on changer de molécule si la première ne convient pas ?

Oui, cela arrive souvent. Indiquez dans le questionnaire ce que vous avez pris, comment, et ce qui n'a pas convenu : effet insuffisant, maux de tête, douleurs dans le dos.

Le générique vaut-il l'original ?

Un générique contient la même substance au même dosage et doit montrer qu'il se comporte de la même façon dans l'organisme. Le document désignant la molécule, le pharmacien peut remettre l'original (Viagra, Cialis ou Levitra) ou un générique.

Peut-on boire de l'alcool avec ces médicaments ?

Une consommation modérée n'est pas interdite, mais l'alcool abaisse lui aussi la tension et peut favoriser les vertiges en se levant. En quantité importante, il gêne en outre l'érection elle-même.